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viernes, 27 de diciembre de 2024

150e anniversaire de l’opéra Carmen. Musique et émancipation

 


 Carmen¹ est la passion soumise au devenir fatidique de la pulsion de mort. Une âme ressuscitée sur le tranchant du rasoir, sculptant un cœur dans la peau onirique des ombres qui s’aiment au précipice de l’autodestruction. Le rôle de Carmen est mythique sur la scène mondiale parce qu’il représente le paradigme du malheur inconscient de l’amour comme finalité ultime dans la tragédie de celui qui aime sans limites. Bizet crée la chorégraphie vocale du délire de la simplicité complexe d’une "Cigarrera" qui danse à côté de la brise sachant que tomber est la manière la plus sincère de voler. Carmen n’accepte pas d’être une simple muse parce qu’elle nie être possédée par l’auréole créateur. Elle exprime le défi de se sentir comme une créature sauvage qui lutte pour sa liberté et contre les normes sociales ataviques et la domination patriarcale. L’Opéra met l’amour dans le divan de la psychanalyse lacanienne incarnée par une femme qui montre la transsubstantiation des battements de son cœur sur un feu où crépitent les désirs de ceux qui ont osé rêver d’elle. L’amour de Carmen est consubstantiel à ses désirs de se sentir propriétaire de son avenir.

  Dans la Habanera, Carmen déchiffre les stigmates du jeu capricieux de l’amour : la réincarnation des caresses de ses yeux en oiseaux qui peuvent survoler l'Averne tandis que de ses cicatrices poussent des ailes. Elīna Garanča², dans sa magistrale interprétation, nous illustre avec toute une gamme de nuances et textures qui recréent l’essence protéiforme de Carmen comme être emblématique de l’émancipation à travers la passion hédoniste. Le courage transcendantal se manifeste par un élan de lucidité, lorsque le chœur crée une catharsis collective de libération. D'ailleurs, l'inspiration musicale et créative la plus féconde est celle qui explore les fissures du miroir où se reflète l’âme rebelle du personnage.

 La construction de l’identité de Carmen représente la restructuration de l’hégémonie de la liberté, en tant que leitmotiv de l’amour porté à la limite existentielle. Elle a besoin de la rébellion pour guérir ses blessures et ruminer les cœurs de ses amants. La mystification du personnage est l’épicentre de sa gloire, ainsi que son esprit est le totem conceptuel où la musique émerge de manière tragique-magique et reste ancrée dans l’imaginaire collectif du public.
Eros affronte Thanatos dans un duel où la convergence des opposés est condition de possibilité pour rêver sans peur. Carmen est le sens métaphorique de la douleur et la promesse du bonheur si vous acceptez, en retour, la pénitence : parcourir l’enfer pour ressusciter parmi les mélodies où l’écho pérenne du subconscient évoque les clairs-obscurs de l’âme et la possibilité indubitable d’être un esprit libéré de tout joug.
 
 La mezzo-soprano qui interprète Carmen doit déployer les textures de l’âme sans crainte à l’univers messianique qui symbolise lutte émancipatrice dans le contexte de l’amour en tant que tragédie. Carmen est confrontée à la fin malheureuse parce qu’elle n’est pas capable de comprendre l’amour sans liberté. Le paradoxe vital de celui qui perçoit son destin comme une source inépuisable de son instinct d’être absolument libre dans le devenir de son cœur. Carmen est un paradigme de transgression et de liberté.

¹. Carmen. Opéra-comique en quatre actes de Georges Bizet, sur un livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy. 
². Elīna Garanča, née le 16 septembre 1976 à Riga (Lettonie), est une mezzo-soprano lettone.

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